fbpx

Et si l’on réinventait le fromage avec Betty, fondatrice d’Aviva ?

Le parcours de Betty Zoller

Betty Zoller a grandi au Venezuela dans une famille qui l’encourageait à poursuivre ses rêves. Bien que la fibre entrepreneuriale fût présente chez elle, grâce à son père en affaires, Betty s’est dirigée vers une carrière d’avocate dans son pays d’origine. Elle a tout de même tenté quelques projets en parallèle, sans succès. En droit, l’aspect du contact humain avec les clients la rejoignait beaucoup plus que le côté carré du métier. C’est donc l’envie de se réorienter professionnellement, qui la motive à venir au Québec en 2013, afin de compléter une maitrise en gestion des entreprises à McGill.  Déjà à ce moment, Betty souhaitait se diriger vers le secteur agroalimentaire. Elle était très consciencieuse du rôle de l’alimentation sur l’environnement :

 « J’ai toujours eu de l’intérêt pour l’impact que notre alimentation a sur nous et sur la planète donc j’ai voulu rentrer dans l’industrie des aliments. J’étais végétarienne dans le temps. Après la maitrise, j’ai eu l’opportunité de travailler dans le marketing et la gestion de produits dans une compagnie de produits laitiers, ou j’ai travaillé pendant 6 ans. »

Comment êtes-vous parvenu à créer un fromage végétalien sans noix ?

« Avec le temps, j’ai commencé à suivre une alimentation de plus en plus végétale. J’avais beaucoup d’intérêt à ce sujet et j’ai suivi des cours pour bien manger. J’ai remarqué le manque au niveau des nutriments dans les options de fromages végétaliens. Quand j’étais végétarienne, j’utilisais le fromage comme source de protéine et de calcium, mais les alternatives à base de plantes sur le marché n’offraient rien d’aussi nutritif. Au départ, j’optais pour les alternatives à base de noix de cajou, car au moins elles ont un bon goût, même si ce ne sont pas des plantations très écoresponsables… Mais j’ai dû couper cette option-là parce que pendant ce temps, je suis tombée en congé de maternité, j’allaitais et j’ai dû éliminer les noix de ma diète temporairement pour ma fille. À ce moment, je n’avais plus de choix de fromage. La seule autre option était celui fait avec la fécule de tapioca et l’huile de coco et ce n’est pas très bon. Donc je voulais vraiment trouver une idée. »

« Dans mon pays, en Amérique latine, on mange beaucoup de légumineuses et j’ai toujours été une adepte. Comme végétarienne, c’est le repas parfait et nutritif et en plus c’est une culture très écoresponsable. Le Canada est le plus gros producteur de légumineuses au monde. J’ai donc commencé à faire des essais. J’ai demandé l’aide des étudiants en sciences des aliments à McGill qui souhaitaient faire des stages pour acquérir de l’expérience. Ça m’a permis de créer un fromage qui contient des protéines, du calcium, du fer et des fibres. »

Mission

Offrir des alternatives délicieuses, nutritives et écoresponsables aux produits laitiers.

Qu’est-ce que la mesure Soutien au Travail Autonome du SAJE vous a apporté ?

« Essayer d’avoir une entreprise en parallèle à un travail à temps plein n’a pas fonctionné pour moi quand j’ai essayé de le faire dans mon pays d’origine. En plus, quitter un travail amène beaucoup d’ajustements dans un budget familial. Avoir un revenu m’a permis de me dédier à 100 % à la compagnie et m’a donné de la tranquillité d’esprit. Au-delà de ça, le programme du SAJE m’a offert du support, des outils et de la motivation pour compléter mon plan d’affaires dans un délai précis et pour bien réfléchir à tous les aspects de mon entreprise. »

À quoi doit-on s’attendre lorsqu’on démarre une entreprise dans le secteur agroalimentaire ?

« Pour tous les types d’entreprises on doit s’attendre à gérer plusieurs aspects en même temps, dont certains avec lesquels on n’est pas nécessairement à l’aise. Mais je crois que pour les produits alimentaires c’est d’autant plus le cas. Tout en dépendant de la complexité du produit, il y a plusieurs fournisseurs et acteurs impliqués dans la production et la distribution du produit jusqu’aux consommateurs. On doit évaluer de nombreuses options pour chacune de ces pièces du casse-tête. »

Quels sont les principaux défis rencontrés ?

« Premièrement, quand on commence et les volumes sont petits les coûts de matières premières, main-d’œuvre et coûts fixes sont plus élevés et il y a moins d’options disponibles pour accommoder de petites commandes. Pour avoir de meilleurs prix pour les matières premières, il faut acheter en grande quantité. On doit faire face à de nombreuses dépenses initiales. Ensuite, le défi est d’offrir des produits abordables pour les gens, tout en s’assurant d’être profitable pour pouvoir rester en affaires. »

Comment imaginez-vous votre projet évoluer à long terme ?

« Mon objectif à long terme, c’est de rentrer dans d’autres pays où la demande pour de produits à base de plantes est forte. Dans une première étape, les E.U. Ultérieurement, j’aimerais amener les produits Aviva en l’Amérique latine, même en Europe et au Moyen-Orient. On veut aussi élargir notre offre à d’autres produits laitiers, comme le yaourt végétal. »

 

Êtes-vous curieux de goûter au tout premier fromage végétalien à base de légumineuses ?

Notre entrepreneure est actuellement en période de campagne de sociaux financement sur La Ruche :

Previous Post
De vacancière à copropriétaire
Next Post
Boisson végétale DAM : résultat des “essais et erreurs” d’Annie Lafleur