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Pionnière dans le métier, une graphiste fonde Akorana !

LOGO AKORANA
Fondatrice

Isabelle Deprez est la fondatrice d’Akorana. Une entreprise de graphisme et d’illustrations qui crée des logos et des identités visuelles. Ses services s’adressent principalement aux petites et moyennes entreprises pour lesquelles elle conçoit et réalise des outils de communications tels que des emballages, des magazines, affiches, flyers et bannière.

Illustrations AKORANA

Dans cette entrevue, vous serez témoin du cheminement d’une femme immigrante employée pendant plus de 20 ans dans le domaine du graphisme. Étant entrepreneure depuis maintenant 5 ans, son parcours a été parsemé de plusieurs réflexions à la suite des défis qu’elle a vécus. Cette entrevue vous ouvre la porte sur l’aventure entrepreneuriale d’une ancienne diplômée de la Mesure Soutien au Travail Autonome au SAJE en 2016.

Native de la Belgique, elle nous raconte brièvement ce qui lui a permis de développer sa passion lorsqu’elle était très jeune.

 « On était 7 dans la famille. Pour que ma maman puisse un peu respirer, nos parents avaient décidé de nous inscrire à l’Académie des Beaux-Arts et on a tous trippé. Sur les sept enfants, on est 4 artistes. »

Quelles études avez-vous faites

« J’ai fait des études d’art graphique et plastique en Belgique à la fin des années 1980. On faisait tout à la main, on dessinait les lettres à la main et on les peignait. La PAO (publicité assistée par ordinateur) était le nom à l’époque de ce métier émergeant. »

« J’ai repris les études un peu plus tard pour me former avec les nouvelles applications de mise en page. Lorsque j’ai terminé, ce n’était pas évident de trouver un emploi d’infographiste en agence de communication parce qu’elles ne fonctionnaient pas toutes encore avec les ordinateurs. »

Quel a été le déclic pour que vous deveniez entrepreneur?  

« Ce n’était vraiment pas simple de trouver un emploi stable en illustration. J’obtenais donc quelques mandats pour des magazines ou des journaux. »

AKORANA

L’Arrivée au Québec…

En 2008, Isabelle immigre à Montréal et a de la difficulté à trouver du travail à son niveau. Lorsqu’elle y parvient, l’agence pour laquelle elle était employée finit par fermer, faute d’acheteur pour prendre la relève. À ce moment, elle s’est demandé si avec ses 25 ans d’expérience, elle souhaitait se retrouver un emploi ou plutôt se lancer en affaires ! Elle avait envie de développer son propre univers créatif et trouver une certaine liberté.

« Le métier évolue à la vitesse de l’éclair donc ce n’est pas parce que j’ai 25 années d’expérience que les défis sont moins complexes que pour un jeune qui en est à ses débuts. »

Comment avez-vous découvert le SAJE? 

« C’est une cliente de l’agence ou je travaillais qui m’avait dit ; moi je fais une formation au SAJE pour pouvoir m’installer en tant qu’entrepreneure, elle disait que ça avait vraiment été un bon tremplin au niveau de la structure, de la comptabilité, etc. C’est vrai qu’on ne se rend pas compte de la quantité et de la complexité des tâches lorsqu’on ne connait pas les coulisses d’une entreprise. C’est à ce niveau que le SAJE m’a éclairé sans me décourager. »

En quoi le SAJE a-t-il influencé votre parcours?

« Dans mon entreprise c’est le côté contact et le côté structure que je ne maîtrisais pas. Même si je me suis inspirée des agences dans lesquelles j’ai œuvré, j’avais une idée relativement superficielle. »

Quels ont été les défis depuis que vous êtes entrepreneur?

« J’ai vite fait face à des disfonctionnements dans les échéances de paiements de la part de mes clients. Ils prenaient un temps incalculable à payer les factures… Les retards de paiements me plongeaient dans un cercle infernal de frais d’intérêts. Pour éviter de passer mon temps à faire des rappels, j’ai tout simplement repensé mon offre ! Après quelques mois de réflexion j’ai opté pour la réalisation et la vente d’articles imprimés en plus de mon offre de service. C’est ce qui a littéralement donné un nouveau souffle a mon entreprise ! Tout a changé puisque maintenant je reçois mes paiements avant même de livrer mes produits ! Progressivement, le ratio des bénéfices semble s’inverser. Je vends aujourd’hui plus de papeterie que de services graphiques. »

« En 2019, alors que je venais de trouver la bonne solution en participant à quelques marchés artisanaux pour vendre mes produits, la COVID est arrivée. J’avais même crée un an à l’avance des articles spécifiques pour certains marchés dont j’avais cerné la clientèle ; mais tout est tombé a l’eau… Après un moment de découragement et de victimisation, je me suis relevée et je suis embarquée dans les mouvements artistiques/activistes pour lever des fonds par la vente d’œuvres ce qui a suscité un intérêt instantané de la part du public québécois ! Puis les marchés virtuels ont pris le relai des marchés physiques et à nouveau le public était présent ! Aujourd’hui, ce sont les boutiques pignon sur rue qui me sollicitent pour vendre mes affiches. Je n’avais aucune idée de l’impact que ça générerait, mais je suis agréablement surprise. Je vois même mes abonnés et le trafic sur ma boutique en ligne augmenter ! »

AKORANA

Pourquoi êtes-vous encore là après 5 ans?

« J’ai failli tout lâcher plus d’une fois, mais je réalise que je n’y arrive pas, car plus rien n’aurait de sens si je lâchais Akorana. Après, c’est vrai qu’en 2021, j’ai trouvé un autre petit job à temps partiel. Il n’est pas dans mon domaine, mais près de chez moi. Ça me permet de continuer mes activités en ayant toujours du temps intellectuel sans pression financière. Je n’ai pas envie de travailler dans un bureau ou pour un boss qui pourra s’offrir ce qu’il veut, par le simple fait que j’ai œuvré pour lui … »

Quel serait le conseil à donner à ce sujet?

« Tant qu’à faire, faisons quelque chose qui a du sens et faisons-le pour nous ! »

Quel serait le conseil que vous donneriez aux entrepreneurs qui rencontrent eux aussi des défis en ce moment?

« Dans le chaos, il y a toujours des opportunités ! »

Sur ces bons mots, on remercie grandement Isabelle de nous avoir partagé son histoire et lui souhaitons le meilleur pour la suite !

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